Dépêche

Vendredi 11 mai 2018
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Depuis déjà 20 ans, La danse sur les routes du Québec (La DSR) se distingue par son important apport au milieu de la danse québécoise. Si l’organisme peut se targuer d’avoir derrière lui d’impressionnantes réalisations, où en est-il en 2018? Kathy Casey, présidente du conseil d’administration de La DSR, jette un regard en arrière et lève le voile sur les rêves à réaliser.

Née en Caroline du Nord, Kathy Casey a fait ses premiers pas en 1979 dans le milieu de la danse avec le Chicago Moving Company. Après avoir dansé auprès de nombreux chorégraphes, elle se joint à Lar Lubovitch Dance Company en 1984 et à Susan Marshall & Company en 1989. Appelée à danser en Amérique du Nord, en Europe et en Asie, Casey a également donné divers ateliers au Canada et aux États-Unis. C’est en 1991 qu’elle joint les rangs de Montréal Danse, pour être nommée directrice artistique de la compagnie en 1996. Aujourd’hui, elle conseille également des chorégraphes indépendants de Montréal et agit à titre d’évaluatrice des écoles de danse professionnelles pour le gouvernement canadien.

Quand on lui demande depuis combien d’années elle fait partie du conseil d’administration de La danse sur les routes du Québec, Kathy Casey s’exclame en riant: « Oh, ça fait longtemps. Je dirais au moins neuf ans. Ou peut-être dix ou onze ans? » Disons une bonne décennie. Depuis les débuts, ses motivations sont les mêmes: « Je veux être impliquée dans un organisme qui me tient à cœur, qui crée et essaie de partager avec les publics. Depuis mon arrivée sur le conseil d’administration, le territoire a pris beaucoup d’expansion. Nous avons développé des liens avec des partenaires et des diffuseurs partout au Québec, au Canada et, dernièrement, à l’international. »

Kathy Casey le dit d’emblée: l’organisme a énormément évolué depuis sa fondation par le Regroupement québécois de la danse, il y a déjà 20 ans. «La danse sur les routes du Québec, maintenant indépendant, a pris beaucoup de maturité au niveau organisationnel. C’est très solide: les gens sont expérimentés, et le regard de tous est tourné vers le monde.»

S’ouvrir à l’autre

Une ouverture vers l’international qui prend tout son sens grâce à des événements comme Parcours Danse qui en était à sa 16e édition cette année: «C’est l’événement phare de La danse sur les routes du Québec! C’est un endroit de rencontres, de diffuseurs qui viennent de partout. Pour les artistes, c’est une excellente occasion de discuter et de se faire des alliés», indique la présidente du conseil d’administration.

L’initiative Jouer dehors est aussi primordiale pour permettre à des artistes de la relève et à des compagnies établies de se faire connaître à travers tout le Québec. «Ce programme inclut deux volets: la tournée durant l’été, mais aussi un aspect d’accompagnement très important. Comment articuler son travail? Comment s’organiser sur la route?» En répondant à ces questions, La danse sur les routes du Québec permet à plusieurs artistes d’atteindre leur plein potentiel. «Quand on se sent seul, on a moins de ressources. Ça brise l’isolement», explique Casey.

Si La danse sur les routes du Québec tend la main aux artistes et aux diffuseurs, il le fait aussi avec les différents publics. «Il faut mettre le temps, l’énergie et l’expérience pour expliquer ce qu’est la danse à divers types de spectateurs. D’où le défi. Comment intéresser des gens à ce qu’ils ne connaissent pas ou très peu? On travaille dans l’optique de toujours éveiller l’intérêt des publics déjà impliqués et d’en développer d’autres.»

Se tourner vers l’avenir

Très à l’affût des transformations dans le milieu de la danse, La danse sur les routes du Québec est conscient des défis à venir, notamment concernant le virage numérique. «On essaie tous de comprendre ce que ça veut dire pour nous, si on doit changer des habitudes… En ce moment, il y a beaucoup de financement numérique. Ce qui est bien, c’est que beaucoup plus de personnes risquent d’avoir accès à l’art. Par contre, est-ce qu’on risque de perdre de vue ce qu’est une œuvre d’art? Nous sommes encore au début de la réflexion.»

Alors que La danse sur les routes du Québec souffle ses vingt bougies avec fierté, que peut-on lui souhaiter pour les prochaines années? Sans hésiter, Kathy Casey lance:

«Qu’on puisse supporter encore plus de diffuseurs. Aussi, que tous les niveaux de création puissent avoir accès à un support juste et adéquat. Que ce soit les artistes de la relève ou des compagnies plus ancrées.»