Dépêche

Mardi 7 août 2018
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La danse sur les routes du Québec (La DSR) est une institution reconnue dans le milieu de la danse du Québec et à l’international grâce, entre autres, à des initiatives comme Parcours Danse, dont la 16e édition a eu lieu du 28 novembre au 1er décembre 2017. Cet événement phare, qui favorise les rencontres entre artistes et diffuseurs, a notamment été marquant pour Victor Quijada, le fondateur et directeur de la compagnie RUBBERBANDance. Entretien.

Né en 1976 de parents mexicano-américains en Californie, Victor Quijada a d’abord appris la danse à la Los Angeles County High School for the Arts. Fortement marqué par la culture hip-hop, il est incité par Twyla Tharp à apprendre à danser le ballet pour se joindre à sa compagnie Tharp! en 1996. C’est en 2000 que l’Américain accepte de danser pour les Grands Ballets Canadiens. Moins de deux ans plus tard, il fonde RUBBERBANDance. Forte d’une douzaine d’œuvres, la compagnie a présenté son travail notamment en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Quijada se fascine aussi pour la danse à l’écran, ce qui a donné lieu à quelques courts métrages et productions télévisuelles.

Le premier choc culturel en s’installant à Montréal a heureusement été très positif. «J’ai été étonné par la place de la culture au Québec. Dès le début de ma carrière, je visais une plateforme internationale. Sans la reconnaissance et l’adhérence des institutions québécoises, je ne crois pas que j’aurais pu me rendre où je suis aujourd’hui. Ça m’a donné un sentiment très fort d’appartenance, et une volonté de bien représenter le Québec. J’ai un désir de partager mon travail avec des personnes d’ailleurs.»

L’importance de Parcours Danse

Celui qui a eu la chance de réaliser son rêve en montrant son talent un peu partout sur la planète salue d’emblée l’apport de La danse sur les routes du Québec sur sa carrière. «L’écologie de la danse ne passe bien sûr pas seulement à Montréal, et La DSR l’a bien compris. Cette exploration, on a pu la faire grâce à l’apport de cette organisation.», explique Victor Quijada. Surtout aussi grâce à Parcours Danse. L’événement, qui s’étend sur quelques jours, propose des vitrines, des ateliers et autres occasions de réseautage. Lors de la dernière édition, c’est plus de 42 spectacles qui ont été présentés aux 380 participants dont 95 diffuseurs du Canada et de l’international.

«C’est une très belle plateforme pour les compagnies québécoises! C’est le bon endroit pour partager son travail, faire des connections et se construire un réseau. La danse, c’est vivant. Ça doit se passer dans l’énergie de la rencontre.» Éventuellement, ces rencontres peuvent mener à des opportunités incontournables pour toute compagnie de la relève, ou même établie. «Trouver un diffuseur, c’est tout un défi. Grâce au support de Parcours Danse, c’est beaucoup plus facile de faire des liens significatifs.», indique le chorégraphe. Et d’organiser des tournées pour faire connaître son travail à travers la province, mais aussi de manière internationale!

En plus de souvent permettre de mieux gérer les ressources «parce que visiter quatre villes au lieu d’une en un seul voyage, c’est beaucoup plus rentable», partir sur la route permet de partager oui, mais aussi de mettre son œuvre en perspective. «Ça a beaucoup d’autres impacts, dont la latitude nécessaire pour améliorer une pièce, une présentation. Si j’ai l’occasion de mettre plus de temps sur un projet, ça me permet d’aiguiser mes outils de chorégraphe, de metteur en scène et de directeur.», admet le fondateur de RUBBERBANDance.

En jetant un regard en arrière, Victor Quijada est très conscient de l’apport de La danse sur les routes du Québec, et surtout de Parcours Danse, dans sa carrière en danse. « C’est impossible de savoir ce qui se serait passé si j’étais resté aux États-Unis. Pourtant, je sais très bien que ma compagnie, ma pratique, ont été énormément influencés par ma décision de venir au Québec. Je suis très conscient que La danse sur les routes du Québec a donné une autre perspective à mon travail.»