News Item

Tuesday, May 26, 2020
7936

[Text not available in English.]


Crédit photo: Denis Martin. Œuvre: & de For Fauve. Interprètes: Marilyn Daoust et Laurie-Anne Langis. Montage photo: La DSR. © Pexel

Après une première réunion des plus enrichissantes le 24 avril 2020, le comité agents et diffuseurs s’est à nouveau rassemblé lundi 11 mai pour échanger sur deux grands thèmes: la diffusion en ligne et l’annulation des évènements contacts.

Animé par le directeur général de La DSR, Pierre-David Rodrigue, le comité composé de trois agents (Yaëlle Azoulay, Agence Résonances; Valérie Cusson, Cusson Management; Mickaël Spinnhirny, Agence Mickaël Spinnhirny) et trois diffuseurs (Jasmine Catudal, Théâtre de la Ville, Longueuil; Cynthia Lamontagne, Les Arts de la scène de Montmagny; Josée Roussy, CD Spectacle, Gaspé) a accueilli deux observateurs:

  • Marie-Noëlle Voyer, Gestionnaire au Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA) pour le programme de financement qui appuie les organismes de diffusion (festivals artistiques et diffuseurs de saisons de spectacles)
  • Antonio de Stephano, Conseiller principal au FCPA attitré à la danse.

Le Fonds du Canada pour la présentation des arts (FCPA) fournit une aide financière aux organismes qui présentent des festivals artistiques ou des saisons de spectacles professionnels. Le FCPA appuie également les organismes qui viennent en aide aux diffuseurs artistiques.

Avec les théâtres fermés et les représentations annulées, les liens tissés et entretenus depuis des années par les diffuseurs avec leur public sont sous pression et extrêmement fragilisés. Le ministre du Patrimoine canadien, Monsieur Guilbeault, a fait des annonces de financement supplémentaire, et, dans l’objectif de mettre en place des mesures qui soutiendront le milieu le plus efficacement et le plus adéquatement possible, les professionnels du FPCA se rendent disponibles se rend disponible pour écouter les réflexions des membres et en faire part aux instances gouvernementales.

Créer, diffuser, planifier en temps de Covid-19: le futur du milieu du spectacle est-il en ligne?

La question du numérique dans le spectacle est au cœur de nombreuses réflexions, y compris au gouvernement. Comment soutenir la création en ligne? De quelle manière rejoindre son public, maintenir le lien avec lui, et surtout comment le séduire? Le numérique semble avoir de beaux jours devant lui. Avec une abondance de spectacles en ligne, d’entraînements «fait maison», il est essentiel que le milieu culturel réinvente son usage du numérique de façon plus large, plus créative et plus innovante. Et certains se prêtent déjà au jeu.

Mickaël Spinnhirny et son Agence éponyme représentent actuellement 12 compagnies, qui ont essuyé plus d’une centaine d’annulations et de reports depuis le début de la crise. Depuis le dernier comité agents et diffuseurs de La DSR, l’Agence a décidé de reporter tous ses spectacles annulés à la saison 2021-22 afin d’éviter ce qu’il appelle un «carambolage artistique» inévitable alors que les spectacles du printemps et de l’été sont reportés à la saison 2020-2021. Dès les premières semaines de la crise, l’Agence a fait le pari de partager un spectacle de danse par semaine, chacun avec des paramètres différents (disponible un mois, 15 jours, spectacle archivé ou toujours en diffusion, etc.). Au-delà de partager la danse à la communauté, cette pratique permet de mesurer les résultats: quel est le profil des personnes qui regardent le spectacle? Combien sont-ils? Le spectacle jeune public est-il plus ou moins populaire? Ce que Mickaël Spinnhirny a pu noter: les spectacles archivés relèvent d’excellents résultats, ceux qui sont encore sur le marché, moins.

D’après lui, il est cependant essentiel que le milieu artistique se renouvelle et génère de nouveaux contenus qualitatifs tant dans la forme que dans le fond: on ne peut pas recopier les arts de la scène, le numérique ne remplacera jamais l’expérience du spectacle en salle, c’est pourquoi il faut en faire un outil à part entière, différent et complémentaire. Agents, diffuseurs, producteurs, tous souhaitent avant tout soutenir les artistes et la danse. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est trouver, pour les diffuseurs, de nouvelles façons de communiquer et de rejoindre le public, et, pour les agents, de rejoindre les diffuseurs, avec bon espoir et objectif d’un jour revenir à la salle de spectacle. C’est pourquoi la priorité est de développer les bons outils pour y arriver et pour le faire correctement: on ne peut pas se permettre d’offrir un contenu amateur, et c’est là où le gouvernement peut apporter son soutien au milieu culturel avec du financement pour l’équipement, la formation, etc.

Pour Josée Roussy, Directrice générale et artistique de CD Spectacle à Gaspé, diffuseure pluridisciplinaire à la réalité excentrée, il est essentiel de s’assurer que, sur tout le territoire canadien, il soit possible de rester au contact du public, grâce à des plateformes performantes. D’après elle, il y existe un manque criant de financement et une grande inégalité dans la présence numérique des diffuseurs, qu’il s’agisse de la présence sur les réseaux sociaux ou d’un site internet obsolète. Cette disparité a un impact colossal sur le maintien de la relation avec le public. Tous les diffuseurs n’ont pas développé leur lien avec le public par le numérique. En plus de la profusion de contenu numérique qui circule en ce moment, leur absence sur ces plateformes risque, à terme, de les invisibiliser, au-delà même de la crise actuelle.

La téléprésence, la mise en valeur des lieux de diffusion pour la création, l’utilisation du numérique pour entretenir le lien avec les spectateurs sont d’excellentes opportunités de développement de public, cependant les conseils des arts doivent prendre en compte les disparités selon les territoires et selon l’utilisation du numérique. Tout le monde n’est pas formé pour utiliser le numérique pour entrer en contact avec le public. Comment arrimer la rencontre entre artistes, diffuseurs et spectateurs? Comment trouver les bons outils pour bonifier notre pratique et offrir des conditions optimales à la création des artistes? Il ne faut pas oublier la raison d’être de ce que nous faisons. La danse est une discipline nichée: présenter des œuvres c’est important, mais le diffuseur doit garder son rôle et sa raison d’être et continuer de développer sa relation avec le public. La diffusion s’inscrit dans une vision artistique globale et dans un contexte territorial. Aller voir un spectacle, ce n’est pas uniquement consommer une œuvre, mais créer un lien entre le public, le spectacle, les artistes et le diffuseur.

Actuellement, le milieu de la danse semble clivé sur la notion de diffusion numérique, notamment car tout ce qui est diffusé n’a pas été conçu pour le numérique. Il est difficile artistiquement parlant de mettre en ligne des œuvres existantes telles quelles. Diffuser en ligne, c’est un choix, mais il faut que le contenu soit approprié et de qualité professionnelle. C’est pourquoi un soutien gouvernemental doit à la fois s’articuler autour de la technique, de la logistique et de l’artistique.

D’après Yaëlle Azoulay de l’Agence Résonance, qui représente 10 compagnies de danse, il est encore trop tôt et les paramètres sont encore trop flous pour imaginer retourner en studio, partir en résidence, créer comme avant, même si les artistes semblent prêts, même si le milieu se prépare doucement à un retour à la «normale».

L’autre enjeu, de poids, est celui du fameux carambolage, non seulement de diffusion artistique, mais aussi de création. En effet, si l’accent est mis sur la création, comment va-t-on être capable de soutenir et de diffuser ces œuvres alors que tous les calendriers sont décalés? Globalement, la création est plus soutenue financièrement que la diffusion: comment gérer le surfinancement de la création si on ne peut pas assurer la diffusion par la suite? Le système était déjà fragile avant la crise, mais pour le reconstruire et le solidifier, il ne faut pas le surcharger de produits créatifs qu’on a déjà du mal à diffuser. Créer oui, mais du contenu de haute qualité, adapté au numérique, pas juste une adaptation de créations existantes. S’il semble que d’autres secteurs comme la musique puissent s’adapter facilement à des modèles de diffusion alternatifs, la danse est soumise à toutes sortes de défis, surtout si la distanciation physique persiste dans les mois à venir. Il faut que le milieu se questionne, que la danse ne disparaisse pas de la diffusion, qu’on ne nous oublie pas dans toute cette vague virtuelle. Il pourrait s’agir, par exemple, de réunir des artistes de disciplines et de pratiques différentes pour offrir une proposition différente et innovante, profiter des avantages des uns pour améliorer les perspectives des autres.

Le milieu culturel est un secteur par définition créatif, mais la créativité prend du temps et s’inscrit dans un processus qui ne peut pas être en réaction. En effet, d’après Josée Roussy, les artistes en danse ne sont pas les plus financés ou les plus reconnus, ils n’ont malheureusement pas tous accès aux bons outils visuels ou numériques. En ce moment, on a du temps, et il faut prendre ce temps pour réfléchir à l’essence de son travail, améliorer ses outils, se mettre à la page, bonifier sa communication: nous sommes toujours pris par le temps, saisi par le tourbillon de l’urgence, et actuellement, malgré les circonstances, nous bénéficions d’un temps de qualité pour créer, en harmonie, de rassembler toute la chaîne de création, de production, de diffusion avec les artistes, les agents, les diffuseurs et consolider nos actions collectives. Il faut que ces actions puissent rester dans le temps, au-delà de la pandémie. Il faut que cette créativité soit pérenne et pas uniquement des mesures de béquille temporaire. Ces actions doivent devenir un outil qui peut survivre sur le long terme et nous assister dans la création.

Le numérique peut être très utile à long terme. Cela fait longtemps que le milieu se questionne sur la manière dont le numérique peut nous permettre de rejoindre le public, de le segmenter, de trouver des niches de public potentiel. D’après Jasmine Catudal, du Théâtre de la Ville de Longueuil, s’il y a un élément à explorer d’avantages en termes de numérique, c’est le développement disciplinaire, notamment grâce au soutien d’organismes tels que La DSR ou le RQD. On a rarement le temps de développer des contenus qui enrichissent la discipline et nos connaissances sur le milieu de la danse. Il pourrait s’agit de cours d’histoire sur la danse au Québec ou au Canada, de rencontres virtuelles avec les artistes: le milieu de la danse est si riche de tant de matière pour nourrir le public et les diffuseurs et enrichir leur regard sur la pratique qui pourrait être développé rapidement et relayé par le biais des programmateurs. Les diffuseurs doivent se positionner pour conserver leur rôle de transmetteurs: en effet, les artistes possèdent le contenu artistique, et s’ils contournent les diffuseurs, cela risque, à long terme, de pénaliser toute la chaîne artistique. Actuellement, les diffuseurs n’ont que très peu de contenu à partager avec le public, et beaucoup craignent que les liens avec le public ne se brisent. La force des artistes en arts vivants est, par définition, le vivant. Leur métier n’est pas d’être réalisateur ou monteur. Pourquoi ne pas faire un appel de projets qui rassemble réalisateurs et chorégraphes pour faire des œuvres faites pour le numérique et que chacun travaille avec ses forces et ses expertises pour le bien collectif?

D’après Valérie Cusson de l’Agence Cusson Management, le risque à éviter est que tout un pan de la société soit oublié dans cette frénésie du numérique. En effet, une partie du milieu culturel n’a pas forcément l’expertise nécessaire pour se lancer dans le numérique et dans le virtuel, pour des raisons générationnelles ou même d’intérêt artistique, et les outils numériques ne sont pas toujours ni accessibles ni ajustables aux utilisateurs. Valérie Cusson s’inquiète du vecteur: qui diffuse — l’artiste ou le diffuseur, et comment le mettre place?

Cynthia Lamontagne, programmatrice des Arts de la scène de Montmagny, ajoute que cette période pourrait représenter une opportunité de toucher de nouveaux publics. Actuellement, les gens sont à la recherche de spectacles, d’inspiration, de rêve, et qui mieux que le milieu artistique pour partager des moments d’évasion? Cependant cela soulève un nouvel enjeu: offrir une expérience artistique, mais sans pour autant agir contre son propre intérêt. Si on offre du contenu numérique gratuit, est-ce que le public sera prêt à payer lorsque les salles rouvriront? À force de proposer du contenu gratuit en ligne, ne risque-t-on pas de diminuer la valeur de la création et de la diffusion artistiques? Ressent-on suffisamment d’intérêt pour que le public paie pour du contenu culturel numérique? Il est nécessaire de trouver une façon de faire du virtuel payant, qui rejoindrait le bon public, et surtout d’offrir du contenu suffisamment qualitatif pour que le public accepte de payer. Pour rester présents auprès de sa communauté, les Arts de la scène de Montmagny proposent depuis un mois et demi des spectacles de chansonniers locaux en direct sur les réseaux sociaux, avec un bel engagement de la communauté. Les artistes performent dans la salle de spectacle, tout est nettoyé, mais le spectacle se fait sans public. Actuellement, ils se produisent gratuitement et le public ne paye pas. Il faut être conscient que ce modèle n’est pas durable. Il faut que les artistes soient rémunérés, surtout si cette situation perdure, de trouver une manière de soutenir toutes les parties prenantes de la chaîne de production d’un spectacle: en effet, si les artistes n’ont pas de revenus actuellement, il ne faut pas oublier que les diffuseurs et les agents non plus. D’après Cynthia Lamontagne, il est nécessaire de créer un momentum, un événement exclusif, pour justifier de faire payer le public, grâce à une attention particulière, par exemple un échange avec l’artiste ou une carte blanche. On ne peut pas proposer un billet à 40 ou 50$, le prix du billet doit être minime.

Il faut compter sur l’attachement et la relation de confiance établie depuis des années entre le public et le diffuseur. À Gaspé, l’équipe de Josée Roussy prépare une saison d’automne prudente avec Covid-19, et le public semble au rendez-vous. Les spectateurs demandent des renseignements sur la programmation et sont friands des activités de médiation culturelle. Ils se tournent vers le diffuseur avec la volonté d’aider les artistes et le milieu culturel. Dans le réseau du ROSEQ, on note une réponse très forte de la communauté, des liens qu’il faut nourrir et développer par des stratégies de communication adaptées. Il faut faire tout un travail pour rester présent auprès de la communauté.

Vers un renouvellement des modèles d’affaires?

Pour Josée Roussy, les conseils des arts ont un rôle majeur à jouer en cette période de transition. Notre modèle actuel, basé sur le cachet et la billetterie, ne fonctionne plus. Alors qu’il était déjà instable et désuet avant la crise, il est maintenant indispensable de le changer, de le réinventer, si le milieu de la danse veut survivre à ce grand chamboulement: le rôle des artistes est de réinventer constamment la création artistique, c’est notre rôle, en tant que travailleurs culturels, de réimaginer un système performant et adapté. Certains diffuseurs risquent notamment d’être dans l’obligation de licencier du personnel cet été, les agents de développement en danse parmi eux, fragilisant fortement la diffusion en danse, peut-être même au-delà de la crise. C’est pourquoi il est essentiel que les programmes de financement s’adaptent aux réalités actuelles des diffuseurs: certains programmes ont été établis il y a des années et n’ont jamais été repensés depuis.

Yaëlle Azoulay soulève ce même défi pour les agents, dont le revenu provient avant tout des commissions, soit un modèle fragile et précaire qui fonctionne laborieusement depuis plusieurs années. D’après elle, l’attribution du financement est sclérosée. Il est également crucial de venir en aide aux artistes qui n’ont pas de soutien, d’accompagnement ou d’agents: comment les épauler en ces temps troubles? Il est urgent de consolider la profession du travailleur culturel et de l’artiste pour permettre à notre extraordinaire diversité culturelle de survivre. Nous avons la chance d’avoir une richesse culturelle et artistique incroyable au Québec, et celle-ci risque de disparaître, car chaque maillon de la chaîne souffre d’un modèle d’affaires et d’un système de financement obsolète et d’une extrême précarité. Il faut repenser le soutien des arts pour financer adéquatement l’entièreté de la chaîne de production et de diffusion.

Pourquoi ne pas assembler une table d’action, pas uniquement de concertation, pour aller de l’avant et prendre des initiatives dans le but de soutenir toute la chaîne de production dans ce tsunami sanitaire et économique? Il faut établir une cohérence politique, et un comité axé sur l’action pourrait proposer des recommandations, être force de proposition. D’après Josée Roussy, le milieu n’est pas suffisamment sollicité par les gouvernements de manière cohérente. Mais il faut agir, et il faut pouvoir agir. D’après elle, chaque jour est un jour perdu si l’on n’agit pas pour sauver le milieu culturel. Les paradigmes sont en train de changer. Les actions qui en découleront dans les 2 prochaines années seront cruciales, et les bailleurs de fonds doivent y réagir en concertation avec les acteurs du milieu: comment imaginer le milieu de la danse s’il n’y a plus de danse sur les routes au Québec? Comment envisager la diffusion distanciée? À quoi peut-on s’attendre pour la saison, voire l’année prochaine? Les programmations seront-elles élaborées pour des petites jauges ou un public distancié? Les calendriers vont évoluer selon les mesures annoncées par les gouvernements, mais une chose est certaine: en automne, les mesures de distanciation physiques seront toujours de mise. Il existe déjà plusieurs comités qui réunissent des diffuseurs et des agents pour réfléchir à ces questions du point de vue de la programmation.

Ce qui nous sauvera, c’est la solidarité dans le milieu: nous devons travailler de manière solidaire et créer des réseaux de partage.

Garder le lien en temps de Covid-19: qu’en est-il des congrès et festivals?

Comment soutenir la création et utiliser les lieux en temps de Covid-19? Comment pallier l’absence des évènements et des contacts? De quelle manière envisager les congrès et les marchés professionnels? À quoi ressembleront les festivals, les conférences et les évènements des prochaines années? Comment garder le lien avec les professionnels du milieu? La plupart des festivals et des évènements culturels sont annulés dans le monde entier, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie. Beaucoup sont en discussion, en chantier, pour réinventer nos modèles et élaborer de nouvelles stratégies de diffusion via des évènements virtuels. Nous pourrions imaginer des vitrines, des spectacles en petites jauges, de présentations virtuelles ou encore la mise en relation des artistes avec les agents à distance. Nous devons trouver d’autres façons de réseauter, de se rencontrer, de faire connaître notre discipline et la développer. Comme le mentionne Yaëlle Azoulay, présenter un spectacle virtuellement ne remplacera jamais l’expérience vécue, l’interaction, l’échange d’énergie, mais ce pourrait être un moment privilégié pour échanger sur les spectacles, de créer des rencontres, d’innover sur nos façons de faire. Il faut que tout le monde soit prêt à investir temps et énergie pour articuler et orchestrer de nouveaux systèmes.

ROSEQ a décidé de maintenir la rencontre des professionnels en automne 2020, mais adaptée. Bien que le format final ne soit pas encore fixé, l’équipe estime que ces rencontres professionnelles sont essentielles à notre secteur d’activité. D’après eux, les diffuseurs ont besoin de rencontrer les artistes et les agents, il faut continuer de maintenir les liens et d’en construire de nouveaux, et surtout il faut assurer la découvrabilité des œuvres et des artistes. Rêvons ensemble un après et préparons-nous-y. Ce sera un ROSEQ avec Covid-19 qui va se dessiner dans les prochains mois, mais toujours avec une belle programmation. Le problème principal est le manque de mesures et de directives claires pour orienter les diffuseurs et les plateformes professionnelles. Par ailleurs, les diffuseurs de grande envergure sont préoccupés par leur capacité de participer et de se déplacer aux différentes plateformes: même si les festivals peuvent avoir lieu, la crise a un impact financier sur tout le milieu. Plusieurs options peuvent s’offrir pour soutenir le milieu, telles qu’un frais solidaire ou une réduction.

Alors que les calendriers sont chamboulés et décalés, le milieu doit se concerter afin que le carambolage artistique ne se reproduise pas dans l’organisation des congrès et des festivals: le milieu doit travailler de concert pour orchestrer les évènements dont les dates sont modifiées grâce à des actions conjointes entre les différents évènements.

Étant donné que les spectacles de la saison 2020-21 sont reportés à la saison 2021-22, que les périodes de création seront également déplacées, et que tout échange sur les nouvelles créations sera pour 2022-23, quel sera le rôle des congrès? La réponse est irrécusable: en ce moment plus que jamais, il est nécessaire de se retrouver, de partager, d’échanger.

D’après Cynthia Lamontagne, ce serait la vocation même des congrès qu’il faudrait revoir: en effet, la Covid-19 ne va pas disparaître en quelques mois, et il est nécessaire de repenser nos modèles de rencontre pour que la cohésion du milieu soit maintenue, même à distance. Comme le dit Jasmine Catudal, va-t-on profiter de cette période pour modifier nos manières de travailler, de développer notre discipline, de réinventer les modèles? L’apport des acteurs du milieu culturel est essentiel pour soutenir la communauté de la manière la plus appropriée et la plus efficace.

Compte rendu de Camille Kersebet

Agence Mickaël Spinnhirny