C’est en 1989 qu’Hélène Blackburn fonde Cas public. Si cette compagnie est la résultante immédiate des efforts soutenus de sa fondatrice, elle se veut avant tout un point d’ancrage pour les artistes gravitant autour d’une recherche commune en danse contemporaine. Le nom même de la compagnie exprime des convictions quant au travail collectif et au rôle joué par l’artiste dans la société. Chacune des créations qui ont ponctué son évolution atteste la poursuite de l’excellence dans le renouvellement des codes gestuels. Grâce à ses créations de qualité et à une réflexion approfondie, elle réussit à toucher tous les publics, du plus jeune au plus âgé, avec des spectacles variés. Reconnue pour sa danse fougueuse et performante, la réputation de Cas public s’est construite à travers une présence assidue sur la scène nationale et internationale.
Daphnée Laurendeau
Roxane Duchesne-Roy, Alexandre Carlos, Jean-Philippe Giraud
Cas public a cette capacité à émerveiller, séduire et captiver le jeune public. Hélène Blackburn associée à Pierre Lecours, un complice de longue date, nous le démontre une fois encore avec Gold, un quintette pour les spectateurs de huit ans et plus. Dans ce sixième volet de sa série jeunesse amorcée en 2000, la compagnie revisite un des chefs-d’œuvre de la musique classique, les Variations Goldberg, de Jean-Sébastien Bach dans la version singulière donnée par Glenn Gould. À l'image de cette partition, dont on célèbre la richesse extraordinaire de formes, d'harmonies, de rythmes et de raffinement technique, les interprètes inventent une danse puissante empreinte de poésie et d’effets en trompe-l’œil. Par le détournement audacieux d'objets présents dans le quotidien des enfants et cette approche ludique qui a fait sa marque, Cas Public transforme littéralement la scène en un théâtre, véritable lieu d'affrontement entre le réel et ses illusions, un jeu de cache-cache qui subjuguera les enfants comme leurs parents!
La Otra Orilla (l’autre rive) est une compagnie d’art flamenco fondée à Montréal en 2006. Née de la rencontre des artistes Myriam Allard et Hedi Graja, elle est le fruit d’un regard partagé, forgé par de nombreuses années de maturation en Andalousie. C’est dans une connaissance approfondie des nuances et des modulations du flamenco que la compagnie puise la source de son travail de création. Le flamenco de La Otra Orilla incarne et défend les valeurs intemporelles et universelles que cet art andalou a su cristalliser. Assumant un affranchissement rapport aux codes esthétiques habituellement associés à cet art, la compagnie propose un langage flamenco actuel et pluridisciplinaire, qui puise à ses racines tout en l’ancrant dans le présent. Un flamenco hybride, iconoclaste et poétique, de facture résolument contemporaine.
Myriam Allard; Hedi Graja.
Myriam Allard
HomoBLABLAtus, une pièce pour une danseuse et trois musiciens-acteurs, teste les possibilités et les modalités de l’expression artistique et interroge les rapports avec le vide et le trop-plein dans un monde de surabondance de signes.
Homoblablatus : n.m. singulier - sous-genre de l'espèce homo sapiens (appelé aussi homoblablator) manifestant une hypertrophie de l'appareil bucco-labial et présentant les symptômes d'une dépendance à toute manifestation de la parole, accompagnée d'une phobie extrême du silence. Son univers est volontiers enfantin et ludique. Il vit en milieu tempéré, interconnecté et a développé un système raffiné de résilience sous une forme de communication originale, la blablaterie.
La découverte de l’HomoBLABLAtus, ultime avatar de l'espèce humaine, nous renvoie à de multiples questionnements sur le poids des mots et des gestes et invite à la recherche d'espaces vierges, de pages blanches où la parole pourrait résonner et nos encres s'imprégner.
Danseur, improvisateur, enseignant et chorégraphe, Marc Boivin suit le cours de ses rencontres. Depuis ses débuts en 1982 au Groupe de la Place Royale à Ottawa sous la direction de Peter Boneham, il a prêté sa qualité d’interprète à de nombreux chorégraphes et projets. Dès 1985, il assiste aux balbutiements de la compagnie O Vertigo avec Ginette Laurin.
Depuis 1991, à titre de danseur indépendant, il se produit au Québec et à l’étranger avec des chorégraphes de grande renommée tels Louise Bédard, Sylvain Émard, Jean-Pierre Perreault, Tedd Robinson, Catherine Tardif et les improvisateurs Andrew Harwood et Peter Bingham. Il remporte en 1999 le prix Jacqueline-Lemieux décerné par le Conseil des arts du Canada. Marc Boivin fait partie de l’équipe de LADMMI, l’école de danse contemporaine, depuis 1987 et enseigne régulièrement à travers le Canada. Il a eu l’occasion de chorégraphier pour des interprètes, des compagnies ainsi que dans le cadre de ses activités d’enseignement. Il est président de la Fondation Jean-Pierre Perreault de 2005 à 2011, il a aussi été membre du Conseil des Arts de Montréal de 2006 à 2010. Lors du 26e Rendez-vous annuel du Regroupement québécois de la danse (RQD) les 23 et 24 octobre 2010, l’assemblée générale des membres a élu Marc à la présidence, succédant ainsi à Anik Bissonnette.
Marc Boivin; Quatuor Bozzini
Ana Sokolovic
Quatuor Bozzini
Marc Boivin; Clemens Merkel
Marc Boivin; Quatuor Bozzini
Première Nord-Américaine à l’automne 2012 à l’Agora de la danse
Construite à partir de Commedia dell'arte I et II, œuvre musicale en sept mouvements et trois interludes d’Ana Sokolović, Une idée sinon vraie… interroge le rapport entre la danse et la musique, l’abstraction en tant qu’espace dynamique dialoguant avec l’essence de l’être humain et les jeux de rôle joués autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la boîte noire. Une idée sinon vraie… nous confronte à une vision, sinon vraie du moins vraisemblable, de ce que nous sommes, de ce qu’est l’autre, de la liberté à l’intérieur de nos scénarios ou de l’absence de cette liberté.
Cette œuvre collective associe sur scène danseur et musiciens qui unissent leur dynamisme, leur rigueur et leur sensibilité dans un parcours de transformations. En parallèle, Une idée sinon vraie… s’inspire également des œuvres fascinantes du dramaturge italien Angelo Beolco et de son personnage de Ruzzante, transposée dans l’univers de la danse et de la musique contemporaines. Qu’il s’agisse d’Isabella, de Ruzzante, du Docteur, du Capitan, de Colombine, Pantalone ou des Zannis, chaque figure poétique de la commedia dell’arte nous interpelle, trouve des résonances en nous et et nous renvoie aux facettes cachées de nos personnalités.
« Ce que nous voyons surgir des interprètes est quelque chose que nous reconnaissons en nous. Et c’est là que nous voyons le vrai visage du clown, parce que c’est bien à l’intérieur de nous-même que la pièce se joue. Et nous voulons voir ce qui se cache derrière le masque. » Ana Sokolović
Une musique originale éclatante, commandée spécialement par le Quatuor Bozzini et le Concours international de quatuor à cordes de Banff, est au cœur de cette nouvelle création, née d’une recherche commune entre le danseur, la compositrice et tous les membres du quatuor à cordes.
Bouge de là est l’une des rares compagnies de danse professionnelle au Québec se destinant exclusivement au jeune public. Fondée en 2000 sous la direction artistique d’Hélène Langevin, elle propose des spectacles de danse contemporaine qui intègrent différentes disciplines artistiques: vidéo, théâtre, ombres chinoises. Variées et ludiques, les créations font appel à la curiosité des enfants, et leur ouvrent un monde d’émotions et de perceptions qui stimule leur imaginaire. Désireuse de transmettre aux jeunes le plaisir du mouvement, la compagnie a également développé un volet éducatif en lien direct avec les spectacles qu’elle offre à son jeune auditoire.
Guillaume Chouinard
Hélène Langevin
Un lit est plus qu’un simple meuble. Il est un lieu, un territoire qu’on occupe de diverses façons. Dans sa nouvelle création Ô lit !, la chorégraphe Hélène Langevin revisite ce lieu privilégié et donne vie à cet objet immuable, lui forge une histoire. Un peu à la manière du film « Le violon rouge » de François Girard, les jeunes spectateurs seront témoins de sa transformation au fil de l’enfance qui s’écoule : le lit qui reçoit la naissance ; le lit où l’enfant appréhende la nuit et ses terreurs nocturnes ; le lit et la chambre qui deviennent le terrain de jeu où l’imaginaire peut se déployer ; le lit où l’enfant est alité pour cause de maladie ; le lit qui se transforme au gré des fantaisies de l’adolescence ; et, finalement, le lit de l’enfance que l’on quitte pour entrer dans le monde des adultes.
Dans la continuité des œuvres de Bouge de là, Ô lit ! se veut un métissage de plusieurs disciplines artistiques. Ici la danse se marie au théâtre d’ombres, une forme d’art explorée dans les oeuvres précédentes. La musique prendra également un rôle de premier plan. En plus d’exploiter la voix de ses danseurs à l’intérieur de plusieurs tableaux, la chorégraphe souhaite faire de l’élément scénographique principal un instrument de percussion en direct. Ce sont les interprètes qui joueront de ce « lit arrangé ». L’objectif de cette dernière démarche est de personnifier le lit, lui donner une voix qui lui est propre et qui puisse lui permettre de transmettre ses émotions au jeune public.
Pour cette nouvelle création la chorégraphe s’entourera de concepteurs novateurs et reconnus qui travailleront à l’amalgame souhaité des diverses composantes du spectacle. C’est à travers l’ensemble de ces choix artistiques qu’Hélène Langevin atteint à son intention première : offrir à l’enfant un heureux contact avec la danse, une expérience qui interpelle ses sensations et ses émotions et qui suscite chez lui l’envie de se mettre en mouvement.
Depuis 1981, la Fondation de danse Margie Gillis a pour mission de soutenir et de diffuser les œuvres et la vision artistique de la danseuse et chorégraphe dont elle porte le nom. Son répertoire compte plus d’une centaine de pièces en solo, en duo et de groupe, créées pour elle-même ou pour d’autres danseurs et compagnies et perfectionnant à travers elles sa conception très personnelle de l’acte de danser. C’est l’étude approfondie des multiples facettes de l’âme humaine qui est au cœur de son travail de recherche, d’enseignement et d’exploration de l’expression par le mouvement.
Margie Gillis; Marc Daigle.
Margie Gillis
«La présence de Margie Gillis irradie […], son corps mûr resplendit de sa totale maîtrise scénique qui avale le spectateur.» (Le Devoir, Montréal, Canada)
«Technique assurée, danse vibrante et intense, Margie Gillis possède une présence rare.» (Le Point, Paris, France)
Ambassadrice de la danse moderne canadienne, Margie Gillis était récemment couronnée d’un Prix du Gouverneur général du Canada pour sa brillante carrière. Et voilà que la grande dame revient sur scène avec une création, une nouvelle œuvre qui porte en elle le fruit de toute une vie de questionnement artistique. Structurée par des solos, des duos et des trios, cette création se déploiera dans la scénographie modulaire de Randal Newman, peintre et sculpteur de réputation internationale avec lequel Gillis rêvait de travailler depuis des lustres. D’un caractère indubitablement lumineux et léger, l’œuvre se veut une révélation de tout l’espoir dont est porteuse l’émouvante vulnérabilité humaine. Fluide et poignant.
Dirigée par David Raymond et Tiffany Tregarthen, Out Innerspace Dance Theatre pousse au-delà les formes et l’esthétique traditionnelles de la danse avec une ingéniosité sans réserve. Leurs créations de danse novatrices et authentiques sont présentées dans une formule à la fois personnelle et accessible au public. Les directeurs artistiques ont commencé à collaborer en 2004, motivés par leurs origines diverses, leurs physiques contrastés et leurs intérêts pour les arts multimédias. Ensemble, ils ont étudié et travaillé au Canada, aux États-Unis, en Corée du Sud, au Brésil, aux Pays-Bas, en République tchèque et en Italie et profité d’une résidence de deux ans à Anvers et en Belgique.
Après leur retour d’Europe en 2007, ils ont formé Out Innerspace Dance Theatre, présentement basé à Vancouver, en Colombie-Britannique. Parallèlement à leurs créations, David et Tiffany dirigent une initiative d’éducation de la danse contemporaine pour les jeunes professionnels émergents à Vancouver, appelé Modus Operandi.
David Raymond et Tiffany Tregarthen
David Raymond et Tiffany Tregarthen
David Raymond et Tiffany Tregarthen
Nourrie de la culture populaire et de l’histoire japonaises, de rythmes classiques de la tabla indienne et de dessins animés, cette nouvelle pièce met à nu les projections de nous-même dans le regard de l’autre, à travers les relations de couple, portée par l’inclassable musique expérimentale du percussionniste japonais, Asa Chang.