Au Québec, le Fils d'Adrien est parmi les organismes de création en danse contemporaine les plus dynamiques. Son directeur artistique Harold Rhéaume, qui cumule aujourd'hui 20 ans de carrière, l'implante à Québec en 2000. La compagnie occupe une partie des locaux du Centre chorégraphique La Rotonde situés au cœur du quartier Saint-Roch. Depuis sa fondation, Le Fils d’Adrien danse a produit de nombreux spectacles dans trois créneaux distincts, mais hybrides : jeunesse, in situ et grand public. Devenus emblématiques du développement de la compagnie, ces trois créneaux contribuent à faire rayonner la danse contemporaine dans les milieux les plus divers.
Rhéaume cherche à explorer le mouvement et la performance en se laissant inspirer par l’imaginaire éclectique de la jeunesse. Au fil des ans, il a développé des projets pour la jeunesse aussi différents que Variations mécaniques ou F.U.L.L.. Dans Variations mécaniques, par exemple, Rhéaume s’inspire de Fred Astaire, Charlie Chaplin et Norman McLaren, créateurs se mettant eux-mêmes en scène, pour plonger les jeunes spectateurs dans un univers à la fois candide et très esthétique, tandis que F.U.L.L., rythmé par la présence de quatre danseuses, aborde de front la difficile question de la construction de l’identité à l’adolescence par le biais de la dynamique de la gang, source de complicité et de rivalités.
Les projets in situ développés par la compagnie ont permis de rassembler un très large public autour d’une réflexion sur l’aura de la ville de Québec, sur la puissance symbolique de son histoire, véritable défi pour le chorégraphe devant sublimer son art à la mesure de la grandeur de la scène urbaine. Le Fil de l’histoire d’abord présenté dans le cadre du 400e de la ville de Québec, puis repris les deux années suivantes, et Je me souviens, présenté en 2011-2012, ont permis de s’approprier des lieux historiques tel le Séminaire de Québec, la Citadelle ou le parvis de l’Assemblée nationale, pour en faire les véritables trames narratives de deux chorégraphies déambulatoires.
Au fil des ans, chaque spectacle produit par la compagnie aura été motivé par la volonté de dépasser la gestuelle, la scénographie et l’expérience générale proposées au public lors de la production précédente. De la beauté formelle et profonde de C.O.R.R. à la sensibilité subtile et palpable de NU en passant par l’esthétique pop de Clash!, les productions grands publics de la compagnie témoignent d’une volonté d’en renouveler sans cesse le vocabulaire artistique au contact des références les plus éclectiques.
Le Fils d’Adrien danse s'implique de façon marquée dans sa discipline et dans son milieu. La compagnie favorise l'essor de nouveaux talents en générant une multitude de projets artistiques, en offrant des stages, des classes d'entrainement et en intervenant dans la création pour les écoles de formation professionnelle en danse. Mais surtout, l’ampleur et le rayonnement des productions du Fils d’Adrien permettent de soutenir de manière directe les jeunes danseurs et danseuses de la Capitale.