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Carrefour des milieux de la diffusion, de la production et de la création en danse, La danse sur les routes du Québec (La DSR) soutient l’amélioration et l’accroissement de la diffusion de la danse sur le territoire québécois. L’originalité de La danse sur les routes tient aux moyens dont se sont dotés les diffuseurs et les compagnies pour mener à terme leur part de ce mandat.
Depuis le début des années 1990, le nombre de spectacles de danse présentés dans les régions avait chuté dramatiquement et, à part quelques exceptions, la danse ne circulait presque plus hors de Montréal et de Québec. Lors de la tenue des premiers États généraux de la danse organisés par le Regroupement de la danse (RQD) en 1994, les représentants du milieu de la danse ont débattu de ce problème et cerné les premières pistes de solution. Le RDQ a ensuite créé un comité formé de diffuseurs et de compagnies de danse sensibles à la question de la circulation de la danse au Québec afin d’identifier les moyens qui permettraient à la danse d’être à nouveau présente dans les salles du Québec. Riches d’expériences antérieures, les membres du comité ont établi une série d’exigences liées à la mise en place d’une programmation en danse et ont défini les paramètres d’une stratégie de développement de la discipline et du public en région.
En 1997, le RQD donnait naissance au projet pilote Pour que la danse reprenne les routes du Québec qui avait les objectifs suivants:
Pour son démarrage, le projet a d’abord bénéficié de l’appui du ministère de la Culture et des Communications du Québec et, plus tard, d’un soutien du Conseil des Arts du Canada. Dès le départ, il a été déterminé que les diffuseurs visés par le projet auraient l’autonomie pleine et entière quant aux choix des spectacles et qu’ils devaient s’engager à programmer annuellement une série d’au moins trois spectacles de danse, embaucher une ressource dédiée au développement de public (environ 120 h par spectacle) et proposer une série d’activités de sensibilisation à la danse. En contrepartie, des fonds d’aide à l’accueil des compagnies et au développement des publics étaient versés aux diffuseurs.
En 1997-98, huit diffuseurs pluridisciplinaires prenaient part à la première saison et présentaient 26 représentations de quatorze compagnies, en plus d’animer 110 activités de sensibilisation auprès de 4 723 personnes. Les activités s’adressaient autant au grand public qu’à une clientèle ciblée et grâce à l’impressionnant travail des agents de développement et des compagnies de danse, la population des régions a eu accès à d’incroyables rencontres avec les artistes:
Les résultats obtenus avaient largement dépassé les attentes et les activités de développement de public ciblées se sont avérées des outils majeurs de développement. Offrir aux spectateurs un contact direct avec les artistes les amenait à poser un regard éclairé sur les spectacles qu’ils allaient découvrir ensuite. Du côté des compagnies, au-delà de l’impact positif d’une plus grande diffusion de leurs spectacles, l’effet stimulant des rencontres avec le public était une véritable révélation et ce rapprochement a eu une influence directe sur leur travail de création. Bref, après les deux premières années d’opération, les résultats permettaient de dégager deux principes déterminants:
Au chapitre de la fréquentation, les revenus de billetterie étaient — et sont encore — insuffisants pour permettre aux diffuseurs d’équilibrer leur budget de diffusion de la danse. Ainsi, en plus de l’aide qu’ils recevaient via le projet pilote, les diffuseurs devaient investir entre 1 500$ et 4 000$ par représentation, soit jusqu’à 12 000$ pour trois spectacles. À cause de cela, quelques diffuseurs ont éprouvé des difficultés à convaincre les membres de leur conseil d’administration de l’importance de continuer à offrir des spectacles de danse à leur population. Certains se sont même désistés alors que d’autres ont accepté de prendre le relais et les risques associés à la présentation de la danse.
Le travail de concertation réalisé durant la mise en place du projet pilote a aussi mis en lumière l’importance de développer davantage cet aspect. On constatait en effet que la synergie entre les partenaires avait permis une évolution positive du discours et une meilleure connaissance de la réalité de la diffusion, de la création et de la production. Enfin, les échanges ont permis de cerner d’autres besoins pour ancrer encore mieux le projet, ce qui a mené à la réalisation des outils suivants:
À la suite de l’incorporation de La DSR, en 2000, le ministère du Patrimoine canadien et le Conseil des arts et des lettres du Québec ont soutenu le fonctionnement de l’organisme.
L’intervention structurante de La DSR s’illustre à travers divers «projets périphériques» mis en place depuis 1999. Ces programmes et actions partagent des caractéristiques communes — l’innovation, la pertinence, la durabilité — et s’inscrivent dans la culture de dialogue et d’ouverture entretenue par les partenaires. Toutes ces activités permettent à La DSR d’offrir un soutien continu et contribuent à encourager l’engagement de tous.
Plusieurs éléments ont contribué au succès de La DSR, notamment:
D’autre part, les diffuseurs ont dû apprendre à composer avec certains obstacles:
L’intervention de DSR a également eu des résultats inattendus, dont:
Depuis sa mise sur pied en 1997, le nombre de diffuseurs soutenus est passé de 8 à 15, le nombre total de représentations a plus que triplé, tandis que la moyenne de représentations par diffuseur est passée de 3 à 6. Il s’ensuit un impact notable sur le total des cachets versés aux compagnies. Les compagnies de danse sont aujourd’hui plus nombreuses à circuler et il y a une importante croissance du nombre de tournées de plus de 4 représentations. L’existence d’un noyau de diffuseurs engagés envers la danse permet également à des diffuseurs qui en programment peu de se greffer à certaines tournées.
En somme, il y a chaque année plus de 80 représentations de 25 spectacles de danse dans une quinzaine de villes de dix régions. Dans chaque ville, une équipe s’active autour d’un agent de développement pour que la rencontre entre la danse et la communauté soit une expérience inoubliable. Grâce à l’expertise et au travail des diffuseurs pluridisciplinaires, ce sont entre 20 000 et 30 000 personnes qui prennent contact avec la danse tous les ans!
L’impact de DSR a débordé de la sphère de la danse et de l’espace québécois. Son modèle et ses outils ont inspiré d’autres provinces ou disciplines artistiques et ont mené à la mise sur pied de Made in BC, Ontario Dances et Vers une circulation de la musique au Québec.